Ce projet, dont j'avais déjà présenté l'essentiel lors d'échanges menés dans un cadre associatif au cours des années 1990, est porteur d'une histoire riche et d'un réel potentiel. La transformation de la cité Abane Ramdane en un écoquartier pilote est tout à fait envisageable. Sa configuration - logements mitoyens, organisation spatiale, espaces résiduels disponibles, forte culture communautaire et présence d'un centre de formation pouvant constituer le bras technique du projet - représente même un atout majeur pour réussir la transition écologique.
À l'époque, mes propositions n'ont malheureusement connu aucune suite, ni même fait l'objet d'un véritable débat. Le contexte ne s'y prêtait pas encore. Aujourd'hui, la situation a profondément évolué et les enjeux environnementaux occupent désormais une place centrale. Cela signifie-t-il que ces idées seront enfin mises en œuvre ? Je n'en sais rien. Je saisis néanmoins l'occasion qui m'est offerte pour les rendre publiques, dans l'espoir qu'elles parviennent à des personnes clairvoyantes ou à des responsables sérieux et attentifs, susceptibles de leur donner un prolongement concret.
Voici donc des propositions concrètes et structurées pour répondre aux questions soulevées dans notre article de la semaine dernière (voir le lien à la fin de cet article).
1. Les aménagements prioritaires (Le "Quoi ?")
Pour transformer le quartier, il faut agir sur le bâti existant et valoriser les espaces vides.
- Désamiantage et Toitures : Remplacer d'urgence les plaques de fibrociment (Eternit), qui contiennent de l'amiante, par des toitures isolantes (panneaux sandwichs, tôle ondulée ou tuiles locales) adaptées au climat de la Kabylie.
- Isolation thermique : Isoler les murs (par l'extérieur si possible) pour réduire le besoin de chauffage en hiver et garder la fraîcheur en été.
- Énergie Solaire : Profiter de l'alignement rectiligne des logements pour installer des kits solaires photovoltaïques (autoconsommation) ou des chauffe-eaux solaires collectifs.
- Collecte des eaux pluviales : Installer des récupérateurs d'eau au bout des gouttières de chaque groupe de logements (ruelle).
- Bassins de rétention : Utiliser une partie des terrains vagues pour créer des bassins de stockage végétalisés. Cette eau servira pour l'arrosage, le nettoyage et les sanitaires durant l'été.
- Modernisation des sanitaires : Rénover les blocs sanitaires des cours individuelles avec des équipements hydro-économes (chasses d'eau à double flux, mitigeurs).
- Aires de jeux et Espaces Verts : Aménager des parcs de proximité avec des arbres fruitiers locaux (oliviers, poiriers, figuiers) pour créer des îlots de fraîcheur.
- Micro-stations de compostage : Installer des bacs de compostage partagés pour les déchets organiques des habitants.
- Stations de tri : Installer des poubelles collectives pour les déchets non recyclables et pour matières recyclables.
- Stationnement perméable : Aménager les parkings avec des pavés drainants pour éviter de bétonner les sols et permettre à l'eau de s'infiltrer.
2. La feuille de route opérationnelle (Le "Comment ?")
Pour que ce projet réussisse sans perturber la vie des résidents, les actions doivent suivre un ordre logique :
1- Phase d'études et de Concertation : 1 à 3 mois
Organiser les premières réunions à la "djema" pour présenter le projet, recueillir les besoins des habitants et réaliser un diagnostic technique précis du bâti (état des logements, des structures).
2- Sécurisation et Toitures : 4 à 6 mois
Procéder au retrait sécurisé du fibrociment (Eternit). Pose des nouvelles toitures isolées et des premières gouttières de récupération d'eau.
3- Rénovation des Espaces Publics : 7 à 10 mois
- Le Centre de Formation Professionnelle (CFPA) : Situé dans le quartier, il est une mine d'or. Il faut impliquer les apprentis (maçons, électriciens, plombiers) dans les travaux de rénovation sous forme de chantiers-écoles.
- L'Ecole primaire : Initier et sensibiliser les écoliers, acteurs de demain, au tri sélectif, au compostage, tout en les responsabilisant à la sauvegarde de leur environnement.
- Utiliser des éco-matériaux locaux (terre argileuse, roseau pour l'isolation, pierre locale, bois).
- Faire appel à l'université de Tizi-Ouzou (faculté de génie civil / architecture) pour superviser l'ingénierie et faire du quartier un sujet d'étude.
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