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Ǧeṛǧeṛ

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Un espace partagé pour une écologie humaine


Une mine entre promesses économiques et défis écologiques

Publié par Rachid n'Ait Kaci sur 28 Mai 2026, 18:42pm

Catégories : #Action, #Communication, #Eau, #Faune, #Flore, #LibrOpinion, #Réflexion, #Sinistres

À quelques kilomètres d’Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, le projet d’exploitation du gisement de zinc et de plomb de Tala Hamza suscite à la fois espoirs économiques et inquiétudes écologiques. Considéré comme l’un des plus importants gisements de ce type en Méditerranée, il pourrait marquer une étape importante dans la relance du secteur minier algérien.

Les réserves du site sont estimées à plus de 30 millions de tonnes de minerais, principalement du zinc et du plomb. À terme, la mine devrait produire environ 170000 tonnes de zinc et 30000 tonnes de plomb par an, avec plusieurs centaines d’emplois directs à la clé et des milliers d’emplois indirects. Pour les autorités, ce projet représente une opportunité stratégique : diversifier l’économie nationale, encore très dépendante des hydrocarbures, et stimuler le développement local dans la région de Béjaïa.

Au-delà des retombées économiques attendues, l’exploitation de Tala Hamza pourrait également favoriser l’émergence d’un tissu industriel autour de la transformation des métaux, tout en renforçant les capacités du pays dans le domaine minier.

Mais ce projet d’envergure n’échappe pas aux controverses. Plusieurs spécialistes et associations environnementales alertent sur les risques potentiels liés à l’exploitation d’un gisement situé dans une région écologiquement sensible, à proximité de la vallée de la Soummam, de massifs forestiers et de zones humides. Les craintes portent notamment sur la pollution des sols et des eaux, la gestion des résidus miniers et les effets possibles sur l’agriculture et la biodiversité locales.

Parmi les voix critiques figure celle du microbiologiste Kamel Aïssat, enseignant à l’université de Béjaïa. L’universitaire avait publiquement mis en garde contre certaines conséquences environnementales possibles du projet. Ses prises de position lui ont valu des poursuites judiciaires en 2023, avant d'être relaxé. Une affaire qui a suscité de vives réactions dans les milieux universitaires et associatifs.

Au-delà de la polémique, le cas de Tala Hamza met en lumière la nécessité de concilier développement économique et protection de l’environnement. Pour de nombreux experts, plusieurs précautions s’imposent : mener des études d'impact transparentes, garantir une gestion sécurisée des déchets miniers, mettre en place un suivi indépendant de la qualité de l'eau et de l'air, et prévoir dès le départ un plan de réhabilitation écologique du site une fois l’exploitation terminée.

L’enjeu est de taille. Si elle est menée dans le respect des normes environnementales et en concertation avec les populations locales, l’exploitation de Tala Hamza pourrait devenir un exemple de développement minier responsable. À l’inverse, une gestion insuffisamment encadrée risquerait de transformer une promesse économique en source durable de nuisances et de tensions écologiques et sociales.

Entre potentiel industriel et impératif de préservation de l’environnement, l’avenir de la mine de Tala Hamza dépendra donc, en grande partie, des choix qui sont faits aujourd’hui.

Source : médias nationaux et internet

Photo. Rachid n'Ait-Kaci / Amis du Djurdjura

Photo. Rachid n'Ait-Kaci / Amis du Djurdjura

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