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Ǧeṛǧeṛ

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Un espace partagé pour une écologie humaine


Les sports de montagne ( 1ère partie).

Publié par Rachid n'Ait Kaci sur 18 Octobre 2011, 23:37pm

Catégories : #Sports et Loisirs

Le Djurdjura était, jusqu’à récemment encore, privé de sports de montagne. Bien que certaines associations et clubs aient tenté dès les années 1980 de changer la donne, le manque de ressources, la nouveauté des projets et la peur du changement ont entravé le lancement et l’implantation durable des diverses disciplines montagnardes. Toutefois, il ne faut pas oublier qu’à travers ces premières initiatives, une expérience précieuse a été acquise, ouvrant la voie aujourd’hui à l’épanouissement de nombreuses pratiques comme la spéléologie, le ski, l’escalade, ou encore les sports aériens sur nos montagnes.

Longtemps, on a cru que les sports de montagne étaient réservés aux seuls occidentaux. De nos jours, il est évident qu’il n’y a pas de fatalité en la matière. De nombreuses associations se regroupent pour créer des ligues régionales, qui s’unissent ensuite en fédérations, dans un objectif commun : le bien-être de la jeunesse en général, et celui des jeunes montagnards en particulier.

Cependant, il existe un « mais » qui mérite notre attention : l’afflux massif de jeunes vers les sports de montagne entraînera inévitablement une fréquentation accrue des sites. Cela pourrait, si aucune précaution n’est prise, avoir des conséquences négatives sur un environnement déjà fragile, comme celui du Djurdjura. Si l’émergence de nouvelles associations est un signe de dynamisme et de responsabilité, il est légitime de se questionner sur leur capacité à gérer les multiples enjeux et à établir un rapport global équilibré avec la montagne.

En effet, le manque de formation des responsables et des adhérents pourrait augmenter les risques réels de dommages collatéraux, liés à une fréquentation excessive du Djurdjura.

Que faire alors ? Il est essentiel d’encourager les associations de la région, au-delà de leurs spécificités, à se rencontrer régulièrement, à s’organiser en fonction de leurs affinités pour échanger des expériences et s’entraider si nécessaire, selon l’expertise de chacune. De ces rencontres naîtront des réflexions, et des solutions en découleront. L’organisation de formations collectives, en partenariat avec la Direction du Parc National, représente également une voie à envisager pour minimiser notre impact écologique sur la biodiversité (faune, flore, géologie, ressources naturelles, etc.). Il est important de comprendre, par exemple, qu’un simple déplacement de pierre, volontaire ou non, peut détruire un habitat qui représente, sur le plan humain, des années de travail ! Il est également essentiel de rappeler qu’il existe des moments, des gestes et des méthodes appropriées pour cueillir certaines plantes, de manière respectueuse de l’environnement.

L’action publique, ou ce qu’il en reste, pourrait aussi jouer un rôle en rendant obligatoire l’adhésion à une association pour tout Algérien désireux de pratiquer un sport de montagne. Cette mesure renforcerait les associations tant en nombre qu’en qualité, augmentant ainsi leurs moyens humains et matériels. Les adhérents évolueraient ainsi dans un cadre sécurisé, la montagne souffrirait moins et l’État pourrait se concentrer sur d’autres priorités, au lieu de réparer des dommages, souvent irréparables et coûteux. Il est grand temps que les pouvoirs publics fassent confiance aux citoyens organisés, là où ils ne peuvent plus intervenir directement.

Pratiquer un sport en montagne, relève aussi d’une question de moyens. Un individu seul ne peut se permettre d’être correctement assuré ni d’acquérir tout le matériel nécessaire. Toutefois, il est important de souligner que, bien avant de pouvoir s’offrir une paire de skis de marque à 800 euros, un habitant des Alpes a dû passer de longues années à fabriquer lui-même des skis rudimentaires en bois. Pratiquer les sports de montagne dans un cadre associatif permet donc à tous d’accéder à des équipements souvent coûteux et de les partager.

Le développement des sports de montagne, en plus de répondre à une passion croissante chez les jeunes, favorisera la formation de futurs spécialistes, promoteurs et défenseurs de la biodiversité.

Pour cela, il est impératif d’encourager les sportifs et militants réunis au sein d’associations à se rencontrer, à s’organiser, à abandonner les pratiques solitaires et à éviter de se lancer dans des projets dispendieux, tels que la construction de courts de tennis ou de piscines en haute altitude.

De part et d’autre, de nouvelles initiatives ambitieuses et prometteuses voient le jour : des jeunes, de plus en plus nombreux, comme à Aït-Ergane ou à Haïzer, sont en train de faire émerger des sports novateurs tels que l’escalade, le ski ou la course en altitude.

Les résultats obtenus par ces clubs, en seulement quelques années d’activité, sont surprenants et très encourageants.

 

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