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Ǧeṛǧeṛ

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Quelles leçons tirer des incendies de l'été 2026? - 2ème Partie

Publié par ⵉⵎⴻⴷⴷⵓⴽⴰⵍ ⵏ ⵊⴻⵕⵊⴻⵕ sur 24 Septembre 2026, 19:16pm

Catégories : #Réflexion - Communication - Action - Djurdjura, #Sinistres, #flaure, #Secourisme, #LibrOpinion, #Faune du Djurdjura

- Cinquième leçon : il faut associer les populations locales plutôt que les considérer comme de simples spectateurs

C'est particulièrement important.

Les habitants connaissent leurs montagnes, leurs chemins, leurs sources, leurs parcelles, leurs troupeaux. Ils savent souvent avant les administrations où se trouve un passage praticable ou une zone dangereuse.

On peut donc construire un véritable système de protection civile territoriale, avec :

- la formation de volontaires 

- mes réseaux locaux d'alerte 

- les radios ou moyens de communication de secours (téléphones)

- la formation aux premiers gestes 

- les exercices d'évacuation 

- l'implication des agriculteurs, éleveurs et associations 

- la mise en place de dispositifs de signalement rapide

La prévention moderne insiste justement sur la participation des communautés et sur une gestion intégrée du feu plutôt que sur une approche exclusivement centrée sur l'extinction.

Cela permettrait aussi de transformer une faiblesse en force : la mobilisation extraordinaire de solidarité que l'on voit pendant les catastrophes pourrait être canalisée et organisée en amont. 

 

- Sixième leçon : il faut sortir du débat stérile " pyromanes ou changement climatique "

Les deux peuvent parfaitement être vrais.

Une partie importante des départs de feu est liée à l'activité humaine - accident, négligence, brûlage agricole, imprudence ou incendie volontaire. La DGF indiquait en juillet 2026 que l'immense majorité des incendies avait une origine humaine, tout en soulignant que la chaleur aggrave considérablement les conditions de propagation.

Mais identifier un incendiaire ne répond pas à la question :

Pourquoi un incendie a-t-il pu devenir une catastrophe ?

Et inversement, invoquer le changement climatique ne dispense pas de rechercher les actes criminels.

Il faut donc dissocier trois questions :

1- Pourquoi le feu est-il parti ?

2- Pourquoi s'est-il propagé aussi rapidement ?

3- Pourquoi n'a-t-on pas réussi à protéger certaines personnes, habitations ou infrastructures ?

Ces trois questions doivent faire l'objet d'enquêtes distinctes et transparentes.

 

- Septième leçon : il faut mesurer l'efficacité du dispositif, pas seulement les moyens engagés.

C'est une question fondamentale : " combien de drones, de Canadairs, de pompiers ou de postes de vigie avons-nous?" est finalement moins important que : quel résultat ces moyens produisent-ils ? 

Il faudrait publier, après chaque saison des feux, un véritable bilan de performance :

- Le délai moyen entre le départ de feu et sa détection 

- Le délai entre la détection et l'arrivée des premiers secours 

- Le délai de mobilisation des moyens aériens 

- La superficie brûlée avant l'intervention 

- Le nombre de départs de feu détectés précocement 

- Le nombre d'évacuations réalisées à temps 

- Les zones où les dispositifs de prévention ont fonctionné 

- Les dysfonctionnements constatés et mesures correctives

Cela permettrait de passer d'une culture de l'annonce de moyens à une culture du résultat et de l'évaluation.

 

- Huitième leçon : il faut un véritable retour d'expérience après chaque catastrophe.

Une catastrophe ne devrait jamais se terminer avec l'extinction du dernier foyer.

Chaque incendie majeur devrait donner lieu à un retour d'expérience indépendant et public : qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui a fonctionné ? Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Où la chaîne de décision a-t-elle été trop lente ? Les moyens étaient-ils disponibles ? Les populations ont-elles reçu l'information à temps ?

Et surtout : les recommandations du rapport précédent ont-elles réellement été appliquées ? 

C'est probablement l'une des meilleures façons de répondre à notre question initiale : pourquoi les leçons des catastrophes précédentes ne sont-elles pas suffisamment tirées ?

Parce qu'une leçon qui n'est pas transformée en mesure, budget, responsable et échéance reste simplement une conclusion de rapport.

 

- Neuvième leçon : la question des responsabilités doit être traitée sans attendre la polémique.

Il faut distinguer la recherche d'un responsable politique immédiat de l'établissement des responsabilités.

Après une catastrophe, plusieurs niveaux de responsabilité peuvent coexister :

- L'auteur éventuel du départ de feu 

- Celui qui a commis une négligence 

- Celui qui n'a pas entretenu une infrastructure 

- Celui qui a autorisé ou toléré une situation dangereuse 

- Celui qui n'a pas correctement préparé une zone exposée 

- Celui qui a mal géré une intervention 

- Ou, au contraire, ceux qui ont correctement agi dans des circonstances dépassant leurs capacités.

L'enjeu est donc de disposer d'une chaîne de responsabilité claire, documentée par des faits et non déterminée par les réseaux sociaux ou les affrontements politiques.

Sources : Banque Mondiale, Radio algérienne, European Forest Institute

(Suite la semaine prochaine)

Image Jijel News / Internet

Image Jijel News / Internet

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