Après avoir recensé et tiré toutes les leçons possibles des incendies qui sévissent en Algérie chaque été, nous allons ci-après tenter de nous projeter et d'imaginer un programme de prévention et de lutte pour les années à venir.
Ce que pourrait être un véritable plan " Algérie 2030 "
Si nous devions résumer tout cela en un programme concret, nous proposerions quelque chose comme :
Commune par commune, actualisée chaque année, combinant végétation, topographie, météo, habitat et infrastructures.
Avec évacuation, accès secours, points d'eau, zones refuges et exercices.
Direction des forêts + Protection civile + Office de météorologie + Direction de l'agriculture + collectivités + Direction de l'environnement + Ministère de la défense, avec une chaîne de décision claire et identifiée pendant les crises.
Pas seulement un budget d'urgence après la catastrophe.
Mais ciblée scientifiquement, pas du débroussaillage bureaucratique effectué par acquis de conscience.
Satellites + drones + vigies + intelligence artificielle éventuellement, mais surtout une capacité humaine à transformer l'information en décision.
Habitants, agriculteurs, éleveurs, associations et communes devenant des acteurs de la prévention.
Incendie criminel, négligence ou accident : enquête sérieuse et preuves, sans transformer chaque catastrophe en accusation politique.
Public, documenté, contradictoire et suivi.
Pas uniquement " replanter ", mais restaurer les sols, les habitats, les bassins versants et la biodiversité avec des espèces adaptées aux conditions climatiques futures.
Et finalement, la vraie question politique qui s'impose à nous :
À mon sens, la sortie " par le haut " consiste précisément à ne pas transformer nos tragédies en procès permanents.
C'est cette troisième voie qui nous paraît intéressante : remplacer la polémique par la culture du risque, la réaction par l'anticipation et le discours par des indicateurs vérifiables.
D'ailleurs, et c'est ce qui nous a inspirés : un diagnostic de la Banque mondiale publié avant les incendies d'août 2026 recommandait déjà exactement ce basculement -prévention, gestion résiliente des paysages, données, alerte précoce, coordination institutionnelle et participation locale.
La question n'est donc peut-être plus : Que faut-il faire ?
Une bonne partie de la réponse existe déjà.
La vraie question est la suivante : Comment faire pour que ces solutions soient appliquées à l'échelle nationale, avec la continuité, les budgets et l'évaluation nécessaires ?
Et cette question est beaucoup plus intéressante politiquement que de se demander, toujours après coup : " qui a mis le feu à nos forêts ? ".
Source : Banque mondiale, Radio algérienne, European Forest Institue
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